Comment gérer le deuil d’un proche ? / How to lose a parent ?

Perdre un proche peut se révéler être un véritable traumatisme.

Il n’y a pas de pire ou de meilleur dans la mort, il n’y a pas de justice, elle te tombe dessus que tu sois prêt ou non, et elle ne prévient pas. C’est parfois la raison qui fait qu’elle est encore plus dure à encaisser.

 

Et le pire dans tout cela, c’est que nous sommes absolument tous concernés, et qu’on vivra tous, inévitablement un deuil dans nos vies. Il n’y a pas de bonnes façons de le gérer, de toutes évidences c’est propre à chacun. Certains ressentiront le besoin de s’enfermer et ne plus sortir pendant des semaines, d’autres de sur charger leurs emplois du temps, d’autres encore de dormir… Et honnêtement je ne crois pas qu’il y ait d’expert sur le sujet. Aussi, même si la mort est un sujet tabou, ayant vécu la fête des morts au Mexique, j’ai décidé d’écrire un article à ce sujet, et de donner mes conseils à qui voudra les entendre. Si cet article peut adoucir un tant soit peu la peine de quelqu’un sur cette planète, pourquoi ne pas essayer.

Tout d’abord : Repirez.

Peu importe que vous perdiez quelqu’un à petit feu, ou bien qu’il disparaisse soudainement, votre cœur sera brisé. Mais vous avez parfaitement le droit de ressentir cela. C’est normal. Ressentez ces émotions profondément, nommez-les, vivez-les. Et surtout, pensez à respirer lentement, et imaginez qu’à chaque expiration vous expirez la douleur. Cela peut paraître basique mais vous allez avoir besoin de vivre ce moment douloureux pleinement, c’est un passage obligé pour le deuil.

Écoutez votre corps, et donnez-lui ce dont il a besoin

Votre corps vous envoie des signaux, je ne vous le répéterai jamais assez. Et cette fois, c’est le moment de les écouter. S’il vous demande de manger McDo, mangez McDo, s’il vous dit qu’il n’a pas envie d’aller courir aujourd’hui, n’y allez pas. Si vous appréhendez l’idée d’aller travailler, n’y allez pas. C’est secondaire ! Votre santé mentale et physique passe avant, et tout le monde peut comprendre à quel point vous êtes dévasté. Écoutez-vous. Je n’ai jamais autant regardé la TV que lorsque j’ai perdu un proche. C’était un moyen de m’abrutir mais j’en avais besoin. Entrez dans le mode autopilote. Faites ce que vos intuitions vous disent de faire, et ne vous jugez pas. Passez du temps uniquement avec les gens avec qui vous vous sentez bien, ne vous forcez pas.

Dîtes non.

Vous avez le droit de vouloir être seul, ou de ne pas vouloir voir Bob, votre meilleur ami. Les gens ne savent pas vraiment comment gérer lorsque vous perdez quelqu’un, ils vont essayer de vous divertir, ils veulent vous aider, et c’est fort aimable de leur part. Mais vous avez le droit de ne pas en avoir envie juste à l’instant. Donc n’hésitez pas à leur dire non, et revenir vers eux plus tard, lorsque vous vous sentirez prêt. Personne ne vous en voudra, et c’est un moment dans votre vie ou vous DEVEZ vous faire passer avant les autres. Passer avant les autres, même avant ceux qui subissent également cette perte. Pourquoi ? Parce que vous ne pouvez pas aider les autres à s’en sortir tant que vous ne vous en sortez pas vous-même !

Demandez !

Si vous avez besoin de quelque chose, demandez-le. En effet, parfois un sentiment de honte et de culpabilité nous envahi et nous n’osons pas demander quoi que ce soit, de peur de devenir un boulet pour les autres, de les ennuyer, ou par peur du jugement qu’ils pourraient porter sur nous. Mais il n’en est rien. D’une part, les gens seront ravis d’être sollicités, et d’être présents pour vous, et d’autre part, vous allez vous sentir soutenu, et croyez-moi, cela vous fera du bien. Même si vous avez seulement besoin d’un hug, demandez-le. Cela ne coûte rien, et vous fera vous sentir un peu mieux.

Parlez, beaucoup.

Peut-être que vous êtes quelqu’un d’assez secret, qui n’aime pas partager ses pensées et ses sentiments. Pourtant, pour pouvoir faire son deuil, il faut parler, beaucoup. C’est une façon d’extérioriser et de mettre des mots sur toutes ces émotions qui vous submergent. Si vous ne souhaitez pas en parler avec vos proches, n’hésitez pas à aller consulter un professionnel. Il n’y a rien de mal à cela, et vous permettra de vous décharger émotionnellement, et peut-être même comprendre certains sentiments inexpliqués jusqu’alors.

Célébrez !

Le corps de la personne est décédé, mais vous pouvez toujours continuer à la faire vivre. Prenez un moment le jour de son anniversaire pour faire quelque chose qui vous rappelle cette personne, regardez des photos de temps en temps, racontez des anecdotes, écoutez sa musique préférée…

C’est aussi un excellent moyen de profiter pleinement de la vie, et de se rappeler à quel point nous sommes chanceux d’avoir encore du temps pour vivre, alors que d’autres n’en ont plus. Vivez pour eux, riez pour eux.

Au Mexique, les gens prennent trois jours pour célébrer leurs morts en leur faisant à manger, en leur montrant nos vies à travers une photo d’eux face à un miroir, ils se réunissent pour partager un moment avec la personne défunte dans la bonne humeur, parce que c’est ce qu’elle aurait aimé.

Vivez comme s’ils pouvez vous voir.

Cela n’a rien à voir avec une religion quelconque, mais en ce qui me concerne, lorsque je perds un proche, je me demande s’il aurait aimé me voir dans cet état. Et clairement la réponse est non. Et c’est un excellent moteur pour moi pour remonter la pente, parce que je me dis que je me dois d’être heureuse, pour qu’il ou elle soit fier(e) de moi. C’est très dur les premiers temps. Mais avec le temps, cela devient comme une raison de vivre 🙂

Laissez faire le temps…

Cela peut paraître un peu bateau, mais en réalité, il faut laisser le temps faire son œuvre. Il a une manière bien à lui d’atténuer la douleur et la souffrance. Je dis bien atténuer car le vide et le manque seront toujours là. Mais plus le temps passe, plus la douleur s’estompe. Je vous promets. Sur le moment, on se demande comment faire pour vivre encore après ce drame, mais la vie continue. Et regardez autour de vous. De nombreuses personnes vivent des drames, et continuent d’avancer parce que de toutes façons, ils n’ont pas le choix.

Enfin, je vous souhaite plein de courage, car il vous en faudra, mais rappelez-vous que vous avez de la chance de vivre, et ces événements devraient chaque jour plus nous le rappeler.

From Mexico, with love.

Laurita.

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